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Le Journal Intime d'Akemi Su, et quelques nouvelles policières/fantastiques.

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Chris et Dim ~ Extrait 2

    Le jeune homme entrouvrit les yeux. Faisait-il déjà jour ? Il se redressa paresseusement, et descendit de son lit. Les draps de soie dans lesquels il avait dormi glissèrent au contact de sa peau, découvrant la nudité de ses fesses musclées. La chaude caresse des rayons de Soleil, qui s’infiltraient entre les barreaux des volets de la chambre aux murs ivoires, violèrent son intimité, que l’homme s’empressa  de dissimuler en revêtant un caleçon dentellé.

   Après un long baillement dont le décrochement de la machoire aurait fait pâlir un hippopotame, il jeta un coup d'œil au réveil posé sur le chevet de marbre. Ses prunelles émeraude s'écarquillèrent quand son cerveau eut traduit les informations que lui transmettaient ses yeux. Le jeune homme fit un bond spectaculaire ; il était 6h43, or, une dizaine de minutes plus tard, le jeune homme devait rencontrer un particulier dont la belle fille avait intégré un gang. Chris allait tenter de la sortir de ce faux pas. Mais d’abord il fallait qu’il fasse sa toillette. Les personnes ayant une hygiène particulièrement rare ne comprendront sûrement pas qu’il faille plus de dix minutes pour se préparer le matin.
   Il s'était mis à son compte dix-huit mois auparavant, après huit années d'études intensives dans le droit et la criminologie. Depuis, les affaires allaient pour le mieux pour lui. Tout le domaine de la lutte contre le crime lui enviait son génie et sa capacité à improviser dans les situations les plus délicates.
   Chris avait grandi au bord de la mer, en Côte-d'Azur. Niçois de naissance, il avait passé la plus grande partie de sa vie dans un luxe infini. Et cela continuait... "Chris" n'était qu'un diminutif de son véritable prénom, Christophe. Il avait mené des études prestigieuses en des lieux prestigieux. Après quoi, il avait quitté la France pour les Etats-Unis. Habitué à la mer et au climat méditerranéen, il avait longtemps hésité entre Miami et la Californie. Mais il s'était décidé pour la Californie qui se trouvait être un Etat bien plus riche que l’Etat de Miami, or le jeune héritier aimait l’argent et le business. Sa mère, femme au foyer, avait fortement désapprouvé son projet. Par-contre son père, riche banquier - PDG d’une banque Suisse - l'avait poussé à accomplir son rêve. Ainsi Chris était parti avec la bénédiction de son père, direction Los Angeles. Il s'y était fait rebaptisé Christopher Deadwood. Au bout de quelques mois, il était parvenu à parler couramment l'anglais américanisé et à maîtriser le langage juridique. C'est au détour d'une rue qu'il avait rencontré Vladimir. Une histoire très banale, vous en conviendrez.
 
 
 
   Christopher sortait d'une bibliothèque gigantesque, les bras chargés d'ouvrages culturels. C'était le mois d'Octobre et il pleuvait des cordes. Il y avait de la boue partout et le jeune français avait les pieds trempés. Ses cheveux châtains et courts étaient devenus visqueux en raison du gel waterproof dont il les avait enduis. La tête inclinée vers le bas, son regard portait sur ses chaussures Pierre Cardin. Notre bel héro s'était engagé dans une ruelle sombre et en principe déserte. C'est à cet instant qu'ils s'étaient percutés.
   Chris n'avait accordé aucune attention aux livres qui gisaient lamentablement dans la boue. Dès lors que son regard océanique avait croisé celui de la superbe créature qu'il venait de bousculer, il n'avait plus que remarqué ces yeux d'un marron intense. Des prunelles presque écarlates. A moins que...  
   Un rayon de soleil avait ébloui Vladimir. L'inconnu avait esquissé un mouvement de frayeur en dévisageant le jeune Russe. Vladimir avait senti le beau spécimen tout prêt de s'enfuir et tenté un geste pour le retenir. Il savait très bien ce qui avait effrayé l'inconnu. Ses yeux rouge sang produisaient cet effet sur toutes les personnes qui les voyaient pour la première fois. Habituellement, il portait des lunettes aux verres fumés pour les dissimuler, mais, pressé, il les avait oubliées. Pour le retenir, il avait attiré l’inconnu contre lui.    
   Christopher avait voulut s'enfuir mais l'autre l'avait attiré contre lui. Le Français avait sentit la chaleur de la poitrine et les battements du cœur de l'autre. L'homme en question était à peine plus grand que lui. Quand l’héritier eut réalisé ce qui se passait, il s'était dégagé brusquement, très confus.
   Il n’avait d’yeux que pour les femmes. Il adorait les femmes. D’où sa réputation de chaud lapin. Il n’avait néanmoins jamais ressentit ça auparavant. Il avait été violemment attiré par ce Russe qu’il venait de heurter. Une attirance contre laquelle il ne s’était pas sentit le courage de lutter. Son cœur avait battu tellement fort que Chris avait eut peur que celui-ci ne lui transperse la poitrine. La première vision qu'il avait eut de son compagnon Vladimir resterait à jamais gravé dans sa mémoire :
   Un corps finement musclé et partiellement tatoué, un visage carré, fin, mais très masculin, une petite boucle sertie de diamants à l'oreille gauche, des cheveux bruns et mi-longs, assez typé. Probablement russe. Une expression un peu aguicheuse, un brin viscieuse. Des yeux qui brûlaient d’une lueur incandescente et torride à la fois. Des yeux dévorés par la folie du feu. Et cette bouche... Chris était resté ainsi un instant, à observer le Russe, avec l'émerveillement d'un petit garçon face à son premier kaléidoscope. Puis celui-ci s'était éloigné, bredouille. Mais le Français l'avait interpellé :
     -   Puis-je au moins savoir votre prénom ? Vous me rentrer dedans ; à présent mes livres sont bons pour la poubelle ! C'est le moins que vous puissiez faire, non ?
   Vladimir s'était retourné avec hâte, ne croyant pas en sa chance :
     -   Vladimir. Je m'appelle Vladimir Wolinski. Je suis de passage dans la ville. C'est un ami Suisse qui me loge, à Sunset Boulevard. Et heu...
   Il avait griffonné nerveusement quelque-chose sur un morceau de papier froissé.
     -   Voici mon numéro de téléphone, avait-il ajouté en lui tendant le papier.
   Vladimir était tout excité et avait du mal à reprendre une respiration normale. Il s'était éloigné d'un pas gai et nerveux à la fois, tel un jeune homme quittant son premier rendez-vous d’avec la fille qu'il admire en secret. Il n'avait pas eut le temps de lire le ravissement sur le visage de son futur compagnon. Chris l'avait appelé dans la soirée, puis ils s'étaient vus de plus en plus souvent, et avaient finis par devenir d'inséparables amis.
   Cela faisait à présent trois mois environs qu'ils se connaissaient. Dans la soirée même, Chris devait prendre l'avion en direction de la Côte-d'Azur pour présenter Vladimir à sa famille. Mais pour l'heure, il livrait une course très intéressante contre la montre.

   Effectivement, le jeune homme bondit de son lit, à la bourre. Il se doucha de façon fulgurante et s'habilla en un temps éclair. Mais lorsqu'il sortit de sa chambre, il était sapé comme un dieu. Il se regarda dans le miroir du couloir de l’étage et se dit "Pas mal !"... avant de se casser la figure dans les escaliers ! N'ayez crainte, il s'en sortit avec quelques hématomes et une petite bosse. 

   Chris jeta un coup d'œil à sa montre. Cassée. Elle était complètement fichue. Le jeune homme jura et se rendit à la cuisine. L'horloge indiquait 7h01. Le malchanceux jura à nouveau ; il était inéluctablement en retard. 

   Une fois dans la rue, il se précipita dans sa Mercedes McLaren et mit le contact. Le rendez-vous devait se dérouler à quelques pâtés de maisons de chez lui mais il n'avait plus le temps de s'y rendre à pied. Stressé, il ne vit pas la voiture qui arrivait à vive allure.

 

~A suivre~

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